L'agitation, l'inattention, les difficultés de concentration — ces signes font immédiatement penser au TDAH. Pourtant, l'anxiété chez l'enfant peut produire exactement les mêmes manifestations. Un enfant anxieux peut être agité (tension motrice), inattentif (préoccupé par ses inquiétudes), et avoir du mal à suivre en classe. La confusion est l'un des pièges diagnostiques les plus courants.
Les différences clés
Origine de l'inattention
Dans le TDAH, l'inattention est neurodéveloppementale : le cerveau ne régule pas l'attention de manière efficace. Elle est présente depuis la petite enfance.
Dans l'anxiété, l'inattention est secondaire : l'enfant est « ailleurs » parce qu'il est envahi par des pensées anxieuses. Elle peut apparaître ou s'aggraver lors d'un événement déclencheur.
Type d'agitation
L'agitation TDAH est motrice et constante : l'enfant bouge pour bouger, sans raison émotionnelle apparente.
L'agitation anxieuse est tendue : l'enfant se ronge les ongles, joue avec ses mains, tape du pied. Elle s'accompagne souvent de plaintes somatiques (maux de ventre, de tête).
Moment d'apparition
Le TDAH est présent depuis la petite enfance, même si le repérage est tardif. Les signes sont stables dans le temps.
L'anxiété peut apparaître à n'importe quel âge, souvent en lien avec un événement (rentrée, déménagement, séparation, harcèlement). Elle peut fluctuer.
Comorbidité
25 à 50% des enfants TDAH développent aussi un trouble anxieux. Le TDAH non traité génère de l'anxiété de performance.
L'anxiété peut masquer un TDAH sous-jacent, et un TDAH peut générer de l'anxiété. Les deux doivent être évalués.